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Blessés de guerre : le saut de la résilience

09/09/2021

Après avoir été décorés de la Légion d’honneur, trois Aviateurs du CPA 10 ont réalisé un saut en parachute au-dessus de la base aérienne d’Orléans-Bricy. Deux d’entre eux se confient.
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Blessés au combat, ils retrouvent « la famille qu'est le CPA 10 ».

Vendredi 3 septembre. En fin de matinée, les Aviateurs du commando parachutiste de l’air n°10 (CPA 10) arrivent au bord du tarmac de la base aérienne 123 (BA 123). Combinaisons de saut sur les épaules, ils revoient leur positionnement, à même le sol, avant de gagner la tranche arrière du C160 Transall, appareil à partir duquel les parachutistes d’élite s’élanceront dans les airs, au-dessus de l’emprise d’Orléans. À l’issue du briefing, nous nous mêlons au groupe de chuteurs, à la rencontre de l’adjudant David et du sergent Cooper, deux commandos blessés en opérations extérieures.

Réunion de famille

Pour l’adjudant David, amputé de la jambe droite suite au déclenchement d’un engin du type drone piégé en Iraq, le retour au sein de « la famille qu’est le CPA 10 » revêt une dimension toute particulière. En effectuant ce saut en parachute, en dépit de sa mutilation, le parachutiste renoue avec le groupe action 12C, équipe au sein de laquelle il avait obtenu la qualification de saut à très grande hauteur sous oxygène. Après avoir participé aux Invictus Games de 2018 à Sydney et décroché une médaille d’or aux Jeux mondiaux militaires de Wuhan en Chine, l’Aviateur souhaite « boucler la boucle en reprenant le saut, cinq ans après [son] accident ».

Quelques mètres plus loin, nous rencontrons le sergent Cooper, amputé des deux jambes. Calme, la voix posée, le parachutiste souligne l’aboutissement d’une carrière. « J’ai repris le parachutisme dans le civil, il y a quatre ans. Aujourd’hui, j’ai la possibilité de sauter une dernière fois avec les copains avant de mettre un terme à ma carrière dans un mois. Cet événement me permet de retrouver l’ambiance du groupe », partage l’Aviateur, qui a également pris part aux Invictus Games de 2018.

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Le général Aubé a accueilli les chuteurs personnellement, dès leur posé.

Après avoir quitté le sol, le groupement de commandos parachutistes a atterri à proximité des locaux du CPA 10. Une fois au sol, les parachutistes ont été accueillis par le commandant des forces spéciales air, le général de brigade aérienne Christophe Aubé.

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L'attribution de la Légion d'honneur sanctionne les faits d'armes de ces commandos d'élite.

La veille, les deux sous-officiers avaient troqué leur traditionnelle combinaison de saut contre une tenue de cérémonie. En ligne sur l’asphalte, entre un A400M Atlas et un C-130 Hercules, ces derniers ont été faits chevaliers de la Légion d’honneur. Pour le sergent Cooper, l’obtention de cette distinction est un gage de reconnaissance, au sein de l’Institution et dans le monde civil. « C’est une décoration vraiment emblématique au sein des armées. Même dans le monde civil, les gens connaissent la valeur de la Légion d’honneur. En tant que sous-officier ou militaire du rang, on ne la reçoit pas gratuitement. Elle sanctionne des faits d’armes. Pour ma part, j’ai donné une partie de mon corps », conclut le sergent Cooper. Pour le général Christophe Aubé, ce saut fort en symbolique est « la preuve que nos forces spéciales ont un mental d’acier. »

T.H.