Un Rafale armé au départ de Mont-de-Marsan à destination de la Pologne
Article de dossier

Renforcement de la posture défensive et dissuasive de l’OTAN sur le flanc Est

Depuis le 24 février dernier, les forces aériennes de l’armée de l’Air et de l’Espace sont pleinement engagées dans le renforcement de la solidarité stratégique, au fondement de l’Alliance atlantique.

LES FORCES AÉRIENNES EN PREMIÈRE LIGNE

Du côté des unités navigantes, ce sont les Rafale de la 30e escadre de chasse qui ont été les premiers à renforcer l’OTAN dans son dispositif de protection du flanc est de l’Europe. Appuyées par les avions ravitailleurs A330 Phénix et C-135 de la 31e escadre aérienne de ravitaillement et de transport stratégiques (EARTS), deux patrouilles de deux Rafale décollent quotidiennement de la base aérienne (BA) 118 de Mont-de-Marsan pour surveiller la frontière polonaise et ainsi empêcher toute intrusion d’avions hostiles. Armés de missiles Mica et Meteor, les équipages ont pour objectif de préserver la sécurité de l’espace aérien allié. Une mission de défense aérienne parfois renforcée par un E-3F de la 36e escadre de détection et de contrôle aéroportés (EDCA), qui coordonne l’engagement des avions de chasse pour ces missions de Combat Air Patrol (CAP).

Les avions de transport et d’assaut (ATA) sont quant à eux engagés dans le déploiement des troupes de l’armée de Terre et de leurs matériels. Un KC-130J de l’escadron franco-allemand a d’ailleurs effectué sa première mission opérationnelle en équipage mixte pour transporter des munitions du bataillon français déployé en Roumanie. Parti le 1er mars de la BA 105 d’Évreux, il a chargé 15,5 tonnes de fret sur la BA 702 d’Avord avant de rejoindre la Roumanie. Les équipages KC-130J effectuent des rotations quotidiennes pour une moyenne de dix heures de vol et de quinze tonnes de fret acheminées. Quelques jours auparavant, c’est un Casa CN-235 de la 64e escadre de transport d’Évreux qui a déployé des éléments précurseurs sur place. Les équipages de la 61e escadre de transport sont également sur la brèche aux commandes de l’A400M Atlas dont les capacités de projection depuis la métropole ne sont plus à prouver. Plusieurs rotations ont ainsi été menées depuis la BA 123 d’Orléans, via la BA 702, pour acheminer des munitions et autres matériels. Ces rotations ont ainsi permis le déploiement du bataillon fer de lance de la Force de réaction rapide de l’OTAN (NRF).

Outre la plateforme de la BA 702 d’Avord, ces manœuvres logistiques d’ampleur s’appuient également sur les infrastructures et les Aviateurs de la BA 125 d’Istres. Confirmant sa vocation de hub logistique, la BA 125 a accueilli plus de 350 militaires et 800 tonnes de fret depuis le début de l’engagement des armées. Et les rotations continuent. Une activité dense, rendue possible par les agents de l’escadron de transit et d’accueil aérien. Prochain grand rendez-vous pour les forces aériennes : le déploiement anticipé de quatre Mirage 2000-5 et de leur détachement en Estonie pour la mission eAP (enhanced Air Policing).  

L’ensemble de ces missions, opérées directement depuis les bases aériennes, véritables « outils de combat » de l’AAE, est piloté au Centre Air de planification et de conduite des opérations (CAPCO) sur la base aérienne 942 de Lyon-Mont Verdun. En métropole, le Centre national des opérations aériennes (CNOA) fait appliquer depuis le 27 février au soir l’interdiction de l’espace aérien français aux aéronefs et compagnies aériennes russes. Cela concerne plus exactement tous les appareils immatriculés en Russie mais également tous les appareils affrétés, pilotés ou possédés par des sociétés ou ressortissants russes. Les interventions ont été limitées depuis la fermeture de l’espace aérien européen, preuve que les restrictions sont respectées. Les équipes du CNOA, en lien avec les forces de sécurité intérieure, restent toutefois particulièrement vigilantes : les moyens de la permanence opérationnelle sont ainsi mobilisés pour effectuer des vérifications en vol systématiques sur les aéronefs concernés par l’interdiction.

Véritables outils de combat, les bases aériennes de l’armée de l’Air et de l’Espace sont pleinement mobilisées. Des contrôleurs aériens aux équipages en passant par les agents de transit aérien et les mécaniciens, l’ensemble des Aviateurs reste mobilisé pour la réussite des opérations.

Deux Rafale et A330 Phénix au-dessus des nuages en Europe

Les forces aériennes en première ligne

Rafale dans le ciel européen

Les forces aériennes en première ligne

Les aviateurs du Centre Air de planification et de conduite des opérations

Les forces aériennes en première ligne