L'armée de l'Air et de l'Espace

À la fin du XIXe siècle, Clément Ader, subventionné par l’armée, s’engage dans la réalisation d’un appareil apte à l’exécution de missions militaires.

Il faudra attendre 1909 pour voir les militaires participer au développement de l’aviation. La première mission aérienne militaire est réalisée en juin 1910. C’est également l’année de la création de l’Inspection permanente de l’Aéronautique.

En 1912, deux décisions importantes sont prises : l’organisation de l’Aéronautique militaire et la création des escadrilles et des cocardes.

 

 

 

 

Le 1er avril 1933, le décret autorisant l’existence d’une armée de l’air indépendante est signé. La loi du 2 juillet 1934 donne naissance à l’armée de l’air en fixant son organisation générale. La journée de l’aviateur, fêtée pour la première fois en 2013, commémore, chaque année, cet événement le mercredi précédant cette date.

La mise en place d’une identité se concrétise par le choix de l’uniforme Bleu Louise, le port de la casquette, le poignard qui symbolise le commandement et par la première promotion de l’École de l’air en 1935. Les aviateurs suivent alors la thèse du stratège italien Douhet qui fonde le concept de « puissance aérienne»: l’aviation représente l’arme offensive par excellence.

L’armée de l’air s’est bâtie peu à peu. Nourrie des rêves des pionniers, mise à l’épreuve par les conflagrations du XXe siècle, elle s’est imposée, sur la base d’une doctrine solide et durable, comme un atout indispensable de la puissance française.

À travers son histoire, l’armée de l’air a développé une identité et des traditions propres. Forte de son passé, elle s’est construite et a grandi grâce à des valeurs devenues chères aux aviateurs et partagées par nos alliés: le respect, l’intégrité, le service et l’excellence. Unis et solidaires, les aviateurs accomplissent leurs missions, sur notre territoire et lors d’opérations extérieures, en mettant en œuvre inlassablement ces grands principes de vie.

 

 

Fiche

L’histoire de l’Armée de l’air et de l’espace plonge ses racines dans les premières unités destinées à utiliser l’espace aérien pour remplir des missions militaires en commençant par la création, en avril 1794, de la première unité militaire aérienne du monde : la compagnie d’aérostiers du capitaine Coutelle. Puis, l’aviation militaire française naît, en septembre 1909, avec l’achat des premiers avions par le ministère de la Guerre et l’organisation de l’aéronautique militaire avec la loi du 29 mars 1912.

Sa véritable naissance a lieu pendant la Première Guerre mondiale

Entrée en guerre avec 22 escadrilles de six avions, la France termine la guerre avec 358 escadrilles de 10 à 15 avions et joue un rôle considérable dans l’arrêt des contre-offensives de Ludendorff au printemps 1918. Les aviateurs puisent dans ce conflit l’essentiel de leurs traditions naissantes à partir desquelles ils commencent à bâtir une identité propre. La période de l’Entre-deux-guerres voit le déclin de l’aéronautique militaire qui reste bridée dans son développement par l’étroite tutelle qu’exercent sur elle les armées de terre et de mer malgré quelques avancées organisationnelles comme la loi du 8 décembre 1922 qui érige l'aéronautique militaire en arme au même titre que l’infanterie, la cavalerie, l’artillerie et le génie.

La création officielle, à l'aube de la Seconde Guerre mondiale

Le décret du 1er avril 1933 et la loi du 2 juillet 1934 donnent son indépendance à l’Armée de l’air et lui permettent de s’organiser et de s’équiper pour remplir ses missions. Mais, l’offensive allemande de mai 1940 la saisit alors que son équipement en matériels modernes n’est pas terminé. Réarmée plus tôt, la Luftwaffe parvient à s’imposer dans le ciel de France malgré le sacrifice de près de 40% du personnel navigant. Malgré tout, les aviateurs français parviendront à infliger des pertes qui seront fatales à l’armée de l’air allemande lorsqu’elle attaquera l’Angleterre.

Après l’armistice, des centaines d’aviateurs poursuivent le combat au sein des Forces aériennes françaises libres si bien que l’escadrille française de chasse n° 1 est la première unité militaire à être fait compagnon de la Libération en 1941. L’essentiel de l’Armée de l’air reprend le combat après l’invasion de l’Afrique du Nord en novembre 1942 et son réarmement par les Alliés. Au sol avec ses unités SAS et dans les airs avec ses escadrilles engagées en Normandie, en Provence, sur la côte atlantique, sur le front de l’Est et jusqu’en Allemagne aux côtés de la 1ère Armée, l’Armée de l’air reconstituée tient son rôle aux côtés des autres armées dans la libération et la défaite de l’Allemagne nazie.

La modernisation progressive de l'Armée de l'air

Engagée après la guerre dans les conflits coloniaux en Indochine, en Afrique noire et en Algérie, l’Armée de l’air parvient parallèlement à se réorganiser et à s’équiper avec des matériels modernes afin de participer dans le cadre de l’OTAN à la défense de l’Europe. Puis, en 1964, elle met en œuvre la première composante nucléaire stratégique avec ses Dassault Mirage IV, puis, à partir de 1971, une seconde composante avec les missiles sol-sol balistiques stratégiques (SSBS) du plateau d'Albion.

Participant aux opérations extérieures de la France en Afrique, au Moyen-Orient, en Asie du Sud-Est et à de très nombreuses opérations humanitaires à travers le monde, l’Armée de l’air offre les capacités nécessaires à la défense des intérêts de puissance partout où cela est nécessaire.

Après la guerre froide, son organisation est adaptée pour tenir compte du nouveau contexte stratégique et l’Armée de l’air perd ses capacités nucléaires préstratégiques et la mise en œuvre de la composante nucléaire stratégique sol-sol. Mais elle renforce ses capacités de projection de forces et de puissance tout en conservant les moyens de défendre la souveraineté de son espace aérien national.

Ayant reçu un certain nombre de responsabilités dans le domaine de la défense spatiale, elle devient le 11 septembre 2020 l’armée de l’Air et de l’Espace.